Géraldine Henneaux

Graphothérapie

« Ecrire est un art créé à partir d’un point ayant fuit la pointe de ma plume »
Mofaddel ABDERRAHIM, médecin chirurgien et auteur marocain.

Difficultés d’écriture et dysgraphie

Ecrire est le résultat d’un apprentissage et n’a donc rien d’inné. L’enfant apprend à coordonner un ensemble complexe de gestes qui lui permettront de tracer des lettres pour produire, au final, un message.

Contrairement aux autres matières, l’écriture est enseignée comme outil et non pour elle-même : on l’utilise donc pour apprendre et communiquer.

Lorsque l’enfant apprend à écrire, il commence par faire des essais et cherche ensuite rapidement à réguler son tracé pour que celui-ci se rapproche le plus possible du modèle enseigné. Plus tard, l’enfant remettra en question le modèle et cherchera progressivement des stratégies personnelles pour stabiliser son tracé. L’écriture continuera à évoluer, à se façonner, au rythme d’un jeu de dynamiques et de contraintes propres à l’enfant mais aussi à son environnement.

Les difficultés d’écriture peuvent apparaître à différents moments de l’évolution de l’enfant, de manière sporadique ou massive. Lorsque, malgré les exercices et le temps consacrés à l’apprentissage des bases de l’écriture, le geste d’écriture ne s’automatise pas, on parlera alors de dysgraphie. Ce trouble n’est pas causé par un déficit neurologique ou intellectuel mais est par contre souvent associé à un autre trouble d’apprentissage tel que la dyspraxie ou encore la dyslexie.

De manière générale, les difficultés d’écriture résultent le plus souvent de :

  • Déficit au niveau de la tenue du crayon ou du stylo
  • Difficulté de latéralisation
  • Mauvaise intégration des prérequis
  • Difficultés visuo-spatiales
  • Difficultés d’orientation spatiale et/ou temporelle
  • Difficulté au niveau de la motricité fine
  • Mauvaise intégration du schéma corporel
  • Immaturité affective et /ou motrice au moment du passage à l’écrit
  • Difficultés de concentration
  • Précocité

Les éventuels troubles associés sont la dyslexie, la dyspraxie, le trouble de l’attention, l’hyperactivité.

Pour qui ?

Je reçois les enfants dès l’entrée en 3ème maternelle ainsi que les adolescents.

Quand consulter ?

Manque de lisibilité

L’écriture semble globalement négligée et maladroite. Les lettres sont mal construites, les lignes sont fluctuantes, l’espace mal investi, le tracé est discontinu, les proportions ne sont pas respectées, la ponctuation est partiellement ou totalement absente.

Orthographe négligée

Le geste d’écriture étant fastidieux, il empêche l’enfant de se concentrer en même temps sur le sens de l’écrit ainsi que sur les règles d’orthographe lexicale et/ou grammaticale.

Vitesse non adaptée

Qu’elle soit trop lente, ou trop rapide, l’écriture peut nuire aux apprentissages scolaires. Trop lente, elle empêche l’enfant de suivre en classe, de terminer ses contrôles ou son travail dans les délais impartis ou encore l’enfant se retrouve avec des notes incomplètes l’empêchant de réviser sa matière. Trop rapide, l’écriture peut se déstructurer, manquer de lisibilité et pénaliser l’enfant.

Fatigabilité

Quelques mots voire quelques lignes suffisent à provoquer chez l’enfant des tensions, crampes ou douleurs.

Désintérêt et insatisfaction

L’enfant évite ou refuse d’écrire. Il se sent découragé et nourrit une faible estime de lui.

Echec scolaire

L’écriture est quelque chose de soi que l’on expose au regard des autres. C’est un acte social. Lorsqu’un enfant a des problèmes d’écriture, les apprentissages scolaires peuvent devenir anxiogènes et les remarques négatives sur la qualité de son écriture lui faire perdre confiance en lui. Il n’en faut pas plus pour que les échecs scolaires s’accumulent contribuant à décourager davantage l’enfant et à dégrader encore plus son écriture.

Comment ça se passe ?

Dans un premier temps, je rencontre l’enfant accompagné de ses parents dans le cadre d’une consultation d’anamnèse. Nous échangeons des informations sur l’histoire et le développement de l’enfant ainsi que sur mon cadre de travail. Nous prenons ensuite rendez-vous pour réaliser un bilan graphomoteur. Ce bilan me permet de m’assurer que les difficultés d’écriture de l’enfant font bien partie de mon champ d’intervention et m’apporte un éclairage circonstancié sur la nature et les causes de ces difficultés. Une fois le bilan effectué, une rencontre est prévue pour la remise des conclusions lors de laquelle j’explique les résultats obtenus, mes observations et les axes de travail que je privilégierai lors de l’accompagnement de l’enfant.

Les séances d’accompagnement en graphothérapie durent 45’ et sont planifiées à raison d’une séance/semaine. Il s’agit de séances le plus souvent individuelles. Selon les objectifs poursuivis, les parents, frères et soeurs peuvent aussi être invités à participer à l’une ou l’autre séance. J’utilise des outils et techniques divers et appropriés aux besoins de l’enfant mais aussi à ses intérêts. L’idée est, bien entendu, de préserver un caractère ludique. L’accompagnement n’as pas pour objectif de changer l’écriture de l’enfant mais de l’aider à optimaliser celle-ci et, in fine, à la personnaliser.